Colonisation et Décolonisation: L’histoire du colonialisme, de l’Égypte antique à l’occupation de l’Île de la Tortue

bateaux

Cet article est le second d’une série d’articles d’un zine traduit de l’anglais Colonization & Decolonization, A Manual for Indigenous Liberation in the 21st Century par Zig-Zag. C’est aussi la première fois qu’on fait un travail de cet envergure, commentez! Pour  la première partie, cliquez ici.

N.B.

Les termes utilisés pour désigner les États-Unis, le Canada est le reste des colonisateurs est à titre purement indicatif, pour la compréhension. Les CanadienNEs français-e-s sont encore et seront toujours de simple Français-e-s, comme les États-Unien-ne-s des Britanniques. De plus, le texte est traduit par un colonisateur dans le but de répandre l’information par rapport au colonialisme, il se peut que vous trouviez le texte dénaturé par rapport à l’original, celui-ci étant rédigé par un natif de Kwakwaka’wakw. La féminisation du texte ne s’applique qu’à certains termes aussi, les Européens qui ont colonisés le monde n’étaient pas des femmes, vu la nature patriarcale de la civilisation occidentale (ou par manque de contexte historique).

L’HISTOIRE DU COLONIALISME

Le colonialisme n’est pas récent et n’est pas seulement limité à une période précise de l’histoire (c.-à-d.. la « période coloniale » du 15e au 19e siècle). Les anciennes civilisations étaient les premières à avoir colonisé des terres et des peuples. Quand leur population devenait trop grande et que les ressources s’épuisaient, des colonisateurs étaient envoyés pour occuper et s’établir sur de nouvelles terres. Quand ces terres étaient déjà occupées, des campagnes militaires étaient déclenchées pour prendre le contrôle.

Quand les nations et les territoires étaient conquis, les survivants étaient réduits à l’esclavage et forcés de fournir les ressources, incluant la main-d’oeuvre, nourriture, métaux, bois, épices, etc. Les envahisseurs imposaient alors leur propre forme de gouvernance, lois, religion et éducation. Au fil du temps, ces populations devenaient assimilées dans la culture et la société des oppresseurs.

Début du colonialisme égyptien

Dans l’Égypte antique (environ 1,500 av. J.-C., ou il y a 3,500 ans), toutes les méthodes reliées au colonialisme étaient déjà mises en pratique. Un chercheur africain, Cheikh Anta Diop, a décrit ces méthodes :

« Dans certaines villes, comme à Jaffa, les princes vaincus étaient simplement remplacés par des généraux égyptiens… Des garnisons égyptiennes étaient placées dans des endroits stratégiques, comme des villes et des ports importants… 1,400 années avant Rome, l’Égypte a créé le premier Empire centralisé dans le monde.

« Les enfants des princes-vassaux [conquis] étaient pris en « otages » et éduqués selon l’éducation égyptienne, à la Cour de l’empereur égyptien, pour leur apprendre les moeurs et traditions égyptiennes et ainsi les assimiler dans la culture et la civilisation pharaonique…

« Le Pharaon [empereur] pouvait à tout moment demander de l’argent, des chars, chevaux, service de guerre obligatoire; le vassal était constamment sous les ordres des généraux égyptiens… Les vassaux jouissaient seulement d’une autonomie interne; en fait ils avaient perdu leur souveraineté internationale; ils ne pouvaient pas directement faire affaire avec des terres étrangères² »

(Cheikh Anta Diop, Civilisation or Barbarism, p.85-86).

Colonisation européenne

En regardant le monde actuel, nous pouvons remarquer que le processus est toujours en cours, parfois sous le nom de l’impérialisme, de la mondialisation, ou même des Casques bleus et des missions « humanitaires ». Peu importe le terme utilisé, les concepts d’invasion, d’occupation et d’exploitation restent les mêmes.

Aujourd’hui, les pays européens et leurs colonies dominent le système mondial. Comment cela a-t-il pu arriver? Pourquoi est-ce que la civilisation occidentale est maintenant la principale force économique, politique et militaire dans le monde? La réponse à ses questions peut être trouvée en regardant l’histoire de la civilisation.

Les anciennes civilisations concentraient de grandes quantités d’humains et de ressources matérielles sous le contrôle d’une autorité centrale. Cette autorité était habituellement formée de rois et de prêtres, qui basaient leur droit de gouverner sur des traditions spirituelles et religieuses. Ils contrôlaient toute forme de gouvernance, d’échange économique, l’ordre et la loi, l’éducation, etc. À travers la religion, le lavage de cerveau était imposé sur les citoyens, ce qui créait une culture d’obéissance, d’esclavagisme et de guerre (comme nous en sommes témoins de nos jours).

Les premières civilisations étaient établies en Afrique du Nord et en Mésopotamie (Moyen-Orient), comprenant les Égyptiens, les Sumériens et les Babyloniens. D’autres civilisations ont aussi commencé en Inde, en Asie et dans les Amériques, mais ceux en Égypte et dans le Moyen-Orient avaient une influence directe sur l’Europe.

Les Grecs étaient les principaux transmetteurs de la culture civilisationnelle en Europe, basée sur les modèles égyptiens et du Moyen-Orient. Les Grecs, au sud de l’Europe, étaient situés stratégiquement pour remplir ce rôle. Avant cela, le sud de l’Europe était habité par des peuples indigènes. Pendant que les Égyptiens construisaient des pyramides gigantesques et des cités, qu’ils possédaient une langue écrite, une science avancée, l’astronomie, etc., les Européens étaient encore au stade du chasseur-cueilleur.

Cette histoire nous raconte que le colonialisme résulte de la culture d’une société, et non de son aspect racial ou biologique. Cette culture, basée sur l’expansion, le contrôle et l’exploitation, provient de la civilisation. Malgré cela, c’est le système européen qui domine le monde actuellement, le résultat de l’histoire, la géographie, et l’échange de culture et de technologie qui sont survenus tout au long de la Méditerranée.

Civilisation romaine

histoire1

Les premiers peuples colonisés par la civilisation occidentale étaient les peuples indigènes d’Europe, comme les Goths (Allemagne), les Gaulois (France et Espagne), etc. Ils ont été envahis et mis sous occupation par l’Empire romain, commençant aux alentours de 200 av. J.-C. (il y a environ 2,300 ans) :

« Les territoires conquis étaient divisés en provinces et dirigés par des gouverneurs nommés par Rome pour un mandat d’un an. Des gouverneurs dirigés par des décrets mis en application par l’armée… Les peuples conquis devaient payer des impôts extraordinaires à Rome.³ » (Jack C. Estrin, World History Made Simple, p. 65)

D’anciens écrits romains décrivaient que ces peuples vénéraient mère Nature, s’organisaient en clans et en tribus et avaient un mode vide semi-nomade de chasseurs-cueilleurs. Ils étaient aussi puissants et experts en puissance militaire et ont infligés de nombreuses défaites contre les forces Romaines, avec quelques régions qui n’ont jamais été pacifié ou conquis (c.à.d les Pictes Écossais).

Malgré la résistance, quelques zones comme l’Espagne, le Portugal et la France d’aujourd’hui, ainsi que des parties de l’Allemagne et la Grande-Bretagne, étaient occupés par des forces romaines pendant plus de 400 ans. Les tribus étaient forcées à travailler en tant qu’esclaves, à construire des maisons et des fortifications, à servir de soldats de première ligne, à fournir des ressources et des produits manufacturés, ou à servir de domestiques (cuisinier, concierge, coiffure, tuteurs). Peu à peu, ces peuples colonisés étaient assimilés dans l’Empire romain.

Les chefs de tribus et les familles de haut rang étaient systématiquement ciblés pour l’assimilation; leurs enfants leur étaient souvent enlevés pour leur apprendre à lire et écrire le latin (la langue parlée à Rome). Les vêtements et la culture romaine en général leur étaient imposés. Après plusieurs générations, ces personnes devenaient effectivement « romanisés » ou « latinisés », certains d’eux devenaient citoyens et atteignaient de hauts rangs dans la hiérarchie romaine, que ce soit dans le système politique ou militaire. Ces familles, avec l’aide gouvernement romain et l’Église chrétienne, ont servi de base pour le système féodal qui a évolué dans l’Europe de l’Ouest après la chute de l’Empire romain (5e siècle av. J.-C.)

Peut-être plus que les autres régions, l’Europe ressort comme un exemple frappant des effets du colonialisme et de l’assimilation. Aujourd’hui, il ne reste presque rien des cultures tribales européennes, qui ont été détruites et assimilées dans le système impérial romain (ce qui explique pourquoi la civilisation européenne est fasciste dans son essence).

1492 : L’invasion des Amériqueshistoire2

En 1492, la colonisation européenne des Amériques commence avec le voyage de Christophe Colomb, aux commandes du Nina, Pinta et Santa Maria. Cette expédition de reconnaissance se rend dans les Caraïbes pour arrimer ses bateaux à Hispaniola, l’actuel Haïti et République Dominicaine. En 1494, Colomb y retourne avec cette fois-ci une force de frappe plus grosse, qui comprend 17 bateaux et 1,200 soldats, marins, et colons.

En 1496, il est estimé que la moitié des 8 millions d’indigènes à Hispaniola sont morts, tués par un mélange de maladies européennes et de massacres. Les Conquistadors et les prêtres détaillaient dans leurs récits la façon dont ils commettaient des atrocités, tuaient pour le plaisir, chassaient les indigènes comme s’ils étaient des animaux, et concevaient même toutes sortes de méthodes de torture cruelles et inhumaines. Les survivants étaient asservis et forcés de fournir de l’or, de l’argent et de la nourriture aux Conquistadors. Ceux qui n’étaient pas capables de remplir leur quota voyaient leurs mains, leurs oreilles ou leurs nez coupés. De cet endroit stratégique, les campagnes militaires se perpétuaient sur les îles aux alentours; en 1510, les Espagnols délocalisèrent les peuples natifs des Bahamas et de Cuba pour remplacer les esclaves mourants en Hispaniola.

En 1535, les Consquitadors espagnols avaient lancé des opérations militaires au Mexique, en Amérique centrale et au Pérou. Utilisant des armes, des armures, des armes de métal tranchant, ainsi que des chevaux, des catapultes, des chiens de guerre et des armes biologiques, les Espagnols ont laissé sur leur passage des traces de destruction, de massacres, de torture et de viol. Des dizaines de millions d’indigènes ont été tués durant le premier siècle. Les Mexicas (ou Aztèques) sont passés d’une population de 25 millions à seulement 3 millions. Partout, le taux de mortalité de la population s’élevait à 90-95 %.

L’invasion européenne des Amériques était, sans contredit, le génocide et l’holocauste le plus dévastateur de l’Histoire. Malgré cela, cet événement est toujours célébré aujourd’hui comme une « découverte ». Avec quelques exceptions, l’histoire de cet holocauste a été cachée ou minimisée.

Le but principal des Espagnols et des Portugais était de prendre le contrôle du territoire et d’asservir les peuples indigènes survivants. Les colonies n’étaient pas leur objectif principal. Ils établissaient d’énormes plantations agricoles pour l’exporter en Europe, pendant que de vastes ranchs étaient mis en place pour faire de l’élevage. Des mines étaient ouvertes pour exploiter de l’or et de l’argent. Des millions de natifs étaient asservis et mouraient dans ces mines.

histoire3

Pour maintenir leur source d’esclaves, les commerçants européens se sont tournés vers l’Afrique de l’Ouest. Là-bas, les indigènes africains étaient déjà engagés dans des guerres intertribales. Ils échangeaient des prisonniers de guerre avec les Européens, en ignorant manifestement ou en étant tout simplement indifférent aux effets à long terme que ces actions impliqueraient. De 15 à 20 millions d’Africains ont été expédiés par des bateaux d’esclaves, avec environ 4 millions morts de maladies et de famine durant la traversée de l’Atlantique.

Malgré ce haut niveau de violence et de destruction, la présence des troupes coloniales de l’Espagne et du Portugal se limitait aux côtes d’Amérique centrale et du Sud. Plusieurs régions intérieures ont résisté pendant 2-3 siècles et n’ont jamais été conquises par les Spaniards. Les Mayas dans la Péninsule du Yucatan, par exemple, s’étaient repliées dans les basses terres forestières, où les troupes espagnoles succombèrent aux maladies et à la chaleur intense. Les Mayas ont alors lancé des attaques militaires et résistèrent au contrôle total des Espagnols.

En 1800, les Espagnols réclament une vaste région englobant des parties de l’Amérique du Sud, Centrale et du Nord. Malgré cela, c’était un empire en déclin qui faisait face à une résistance autochtone active, des rébellions esclaves et même des révoltes de colons. Rendu au milieu 1800, les mouvements colons d’indépendance ont forcé les Espagnols à se retirer des Amériques (exception de Cuba et de Puerto Rico).

À l’époque de l’invasion des Amériques, l’Europe était toujours dans l’âge des ténèbres, souffrant d’un manque de ressources, d’une surpopulation, d’une pauvreté répandue et d’un déclin social. Le colonialisme a amené de nouvelles ressources et richesses en Europe, tout en détruisant des nations autochtones dans les Amériques et en Afrique. C’est par la colonisation des Amériques que les nations européennes ont pu prendre de l’expansion et dominer le monde.

1498 : L’invasion de l’Amérique du Nord

En 1498, John Cabot qui naviguait les mers sous le commandement du roi d’Angleterre réclama la côte est, aujourd’hui Terre-Neuve. Les Français le suivirent peu après. Durant le 16e siècle, les Britanniques et les Français commencèrent plusieurs colonies sur la côte est des États-Unis, mais aucun ne survécut les hivers rigoureux (ceux aux sud se faisaient attaquer par les Espagnols). Finalement, en 1607, une colonie britannique s’était établie à Jamestown, en Virginie. Elle survécut grâce à l’aide des Amérindiens (la tradition de l’Action de grâce, adaptée des Amérindiens, provient de cet événement).

Les premiers colons britanniques faisaient particulièrement attention à ne pas engager d’actions offensives, les peuples natifs ayant un avantage militaire. En premier, la paix et des traités étaient faits. Comme le nombre de colons augmentait, ceux-ci ont commencé à chercher de plus grandes terres et des ressources, précisément sur les terres agricoles des Amérindiens. En 1620, une guerre totale se déroulait dans le Nord-Est, les colonisateurs exécutaient des massacres et appliquait la politique de la terre brûlée. Combiné avec les effets de la guerre biologique (la variole), ces attaques ont graduellement brisé la capacité des nations autochtones à résister militairement.

Contrairement aux Espagnols et aux Portugais dans le Sud, les Britanniques et les Français n’ont trouvé que très peu d’or et d’argent pour financer leur invasion à grande échelle. Ils dépendaient plutôt du troc entre les Amérindiens (c.-à-d.. la traite de fourrure) et aussi du développement graduel de l’agriculture pour l’exportation en Europe. Pour cette raison, une politique à double standard s’était établie; d’un côté, on entretenait des relations amicales avec quelques-uns, et de l’autre, on partait en guerre sur les autres pour avoir plus de territoires. À travers le temps, cependant, même ceux qui étaient alliés avec les colons se faisaient attaqués, avec leurs terres arrachées et leur population asservies.

Un des objectifs principaux des Français et des Britanniques était de transférer le plus grand nombre de citoyens vers les colonies pour ralentir la surpopulation, en plus d’augmenter leur force de frappe contre les autres puissances européennes. Les colonies étaient donc un atout majeur dans la colonisation de l’Amérique du Nord.

Comme en Amérique du Sud et Centrale, les peuples indigènes subissaient un taux de mortalité de 90-95 % à travers l’Amérique du Nord. Même si les maladies avaient un gros impact, elles étaient souvent accompagnées par des guerres d’extermination qui ciblaient non seulement les hommes, mais aussi les femmes et les enfants. Ceux qui échappaient aux maladies et à l’extermination souffraient de famine, car les villages et les cultures étaient systématiquement brûlés par les milices européennes lourdement armées. L’extermination des peuples autochtones était une politique officielle du colonialisme, limitée par l’esclavagisme seulement parce que c’était une source potentielle d’argent.

La concurrence entre les Français et les Britanniques a mené à de nombreuses guerres, tant en Europe que dans les colonies aux Amériques. En 1763, la France est défaite et cède ses colonies aux Britanniques (incluant le présent « Québec »). En retour, les Britanniques réorganisent leur système colonial et imposent de nouvelles taxes sur les colonies, pour aider à payer les coûts de la guerre.

Avec cette réorganisation, les Britanniques ratifièrent la Proclamation Royale de 1763. Cette loi limitait l’expansion des colonies en imposant une frontière à l’ouest (suivant les Appalaches). Ce sont seulement les forces de la Couronne britannique qui pouvaient échanger, acquérir des terres, et faire d’autres affaires dans les « territoires indiens ». Cet acte, qui reconnaissait aussi la souveraineté des autochtones sur leurs terres, servait aussi à réduire la résistance autochtone. À l’époque, les Britanniques faisaient face à une insurrection menée par Pontiac, avec une alliance composée des Ottawas, des Algonquins, des Hurons-Wendat, et autres. Ils avaient capturé 9 des 12 forts britanniques et avaient assiégé Detroit pendant 6 mois.

Les nouvelles taxes et la Proclamation Royale de 1763 avaient mis en colère plusieurs colons des 13 colonies originales, plus précisément dans la clause qui leur empêchait d’avoir accès à plus de territoires. L’immobilier était devenu une grande entreprise, les colons s’appropriaient violemment les terres pour les vendre ou pour faire pousser des cultures à profit comme du tabac. En réponse à l’acte, ils organisèrent une révolte armée contre les Britanniques pour établir un empire Euro-Américain indépendant.

La révolte des colons dans les Amériqueshistoire4

La révolution Euro-Américaine de 1775-83 était la première d’une série de révoltes d’indépendance des colons dans les Amériques. Libres de toute politique britannique coloniale, les tout nouveaux États-Unis commencèrent rapidement une expansion militaire vers l’ouest, en tuant, asservissant, et délocalisant les peuples autochtones. Au même moment, des dizaines de milliers d’immigrants européens arrivaient au pays. Malgré cela, il faudra 100 ans pour que la résistance autochtone soit défaite par les forces étasuniennes.

Au début du 19e siècle, des révolutions coloniales, inspirées par la « révolution américaine », se sont produites à travers l’Amérique du Sud et Centrale, avec comme résultat la création de nouveaux États-nations indépendants (c.-à-d.. Bolivie, Chili, Pérou, etc.). Même si ces mouvements repoussèrent les empires coloniaux européens, ils ne libérèrent pas les peuples autochtones. C’était l’élite des immigrants européens et leurs descendants qui prirent le pouvoir. On ne se réfère pas à ces exemples là comme de la résistance anticoloniale.

Vers la fin du 19e siècle, les gouvernements coloniaux commencèrent à faire de gros emprunts aux banques européennes. Ces prêts servirent à construire des routes, des chemins de fer, des barrages, des ports, etc., permettant ainsi de mieux exploiter les ressources naturelles. Les corporations états-uniennes et européennes devinrent vite très impliquées dans ces pays, lieu où ils pouvaient faire des profits faramineux en exploitant une main-d’oeuvre, le territoire et ses ressources. Cette période a établi la relation impériale entre le « Tiers monde » et les puissances de l’occident, basée sur la dette et le remboursement des prêts.

La révolte des esclaves africains

Dès 1526, les esclaves africains se rebellaient contre leurs « maîtres » européens. Dans quelques régions, comme le Brésil, des esclaves africains qui s’étaient échappés établirent des zones libérées, défendant celles-ci contre les forces coloniales. Dans les Caraïbes, l’Amérique du Sud et Centrale, les Africains évadés avaient aussi trouvé refuge au sein des peuples autochtones.

Durant la « Révolution américaine » aux États-Unis, les Britanniques offrirent la liberté aux esclaves africains. Plus de 100 000 personnes auraient abandonné les plantations d’esclaves pour combattre aux côtés des Britanniques. Plusieurs unités africaines continuèrent le combat après la défaite des Britanniques. Les autres s’en allèrent au Canada, et ceux qui restèrent devinrent à nouveau esclaves.

Pendant que l’élite des colons Euro-Américains planifiait et exécutait leur expansion continentale, les esclaves africains en Haïti se rebellaient et triomphaient contre les forces françaises en 1791. Cet événement eut un impact alarmant pour les États-Unis, où plusieurs commencèrent à considérer l’ampleur des dangers d’avoir une population d’esclaves africains si large. En 1800, une grosse révolte d’esclaves éclata en Virginie. Des mesures furent mises en place pour réduire le nombre d’esclaves. En 1808, le gouvernement bannit l’importation de nouveaux esclaves.

En 1812, des colons vigilantes attaquaient les communautés séminoles en Floride, dans une tentative pour recapturer les esclaves africains qui s’étaient échappés et qui avaient trouvé refuge auprès des Séminoles. Ceci commença la première phase des Guerres séminoles, qui coûta plus de 1600 soldats étatsuniens et des millions de dollars. Même après la Seconde Guerre de Séminole de 1835, les Séminoles et leurs alliés africains restaient invaincus.

Pendant ce temps, les révoltes d’esclaves continuèrent. Après 1820, plusieurs villes avaient un grand nombre d’Africains, souvent concentrés dans certaines zones. Même si plusieurs étaient des esclaves, et que les esclaves urbains dépassaient ceux des plantations, un nombre grandissant était aussi des esclaves évadés. Ils avaient trouvé refuge en grand nombre. Résultat, plusieurs insurrections et rébellions prirent naissance au sein des esclaves urbains. Après 1830, un grand nombre de ces esclaves étaient délocalisés dans les plantations. Les oppresseurs considéraient que trop d’Africains esclaves s’exposaient à l’éducation et ils apprenaient « trop » dans les villes.

histoire5L’esclavagisme, en 1850, était devenu une politique qui divisait l’élite des colons du Nord et du Sud. Le système de plantation du Sud basé sur l’esclavagisme retardait les intérêts de l’empire qui était menacé par la révolution africaine et qui limitait l’expansion du système industriel/capitaliste du Nord. Ce dont les États-Unis avaient besoin était une vaste armée de colons Européens qui prendrait le contrôle du territoire, travaillerait dans les usines et les fermes, en plus de produire et de consommer.

Entre 1830 et 1860, environ 5 millions de colons européens émigrèrent aux États-Unis. Pendant ce temps, la lutte au pouvoir entre le Nord et le Sud devint la Guerre de Sécession (1861-65). Encore une fois, la liberté des nouveaux esclaves africains était compromise, cette fois-ci par les forces du Nord. À nouveau, des dizaines de milliers s’échappèrent et rejoignirent l’Armée de l’Union du Nord. Avec le retrait massif de la main-d’oeuvre esclave, un Nord de plus en plus fort et l’incapacité de compétitionner contre la capacité économique et industrielle du Nord pour faire la guerre, le Sud était défait. Les « néo-Africains » dans le Sud s’organisèrent immédiatement pour défendre leur liberté, en faisant des grèves et des occupations armées de territoire. Le nouveau gouvernement du Nord offrit des droits limités en matière politique, légal et la propriété privée, tout en attaquant les éléments les plus militants. Les soldats de l’Union désarmèrent aussi les unités africaines armées, ou ils les redéployèrent dans la « Guerre indienne » en cours sur les plaines.

Mais ces réformes en faisaient trop pour les colons sudistes, des milliers d’entre eux rejoignirent des groupes suprémacistes tel le Ku Klux Klan pour mener des guerres de terreur contre les noirs. Des milliers d’Africains furent tués lors des élections. Le Nord retira ses forces et permit aux régimes locaux des colons de regagner le pouvoir, qui maintenèrent un apartheid brutal jusqu’au mouvement des droits civiques des années 1950.

Phase finale de la résistance autochtones en Amérique du Nord: 19e siècle

En 1812, les forces étatsuniennes tentèrent d’envahir l’est du Canada. À ce moment, la Grande-Bretagne était encore en guerre avec la France et les États-Unis espéraient prendre avantage de cela. Toutefois, ils furent repoussés par une petite force britannique et une alliance d’Autochtones guerriers. Il est généralement reconnu que sans l’implication des peuples autochtones, les États-Unis auraient réussi leur invasion. La résistance était menée par Tecumseh et Makataimeshekiakiak (Blackhawk en Sauk), qui aidèrent à organiser les insurrections contre les forces coloniales européennes pendant cette période.

En 1838, les troupes étatsuniennes forcèrent des milliers de Cherokees dans des camps de prisonniers, et à l’hiver, pendant le Nunna daul Isunyi (« la piste où ils ont pleuré » en Cherokee), une relocation forcée qui tua quatre d’entre eux. Plusieurs autres nations furent obligées d’êtres délocalisés, incluant les Choctaws, les Creeks, les Shawnees, les Miamis, les Outaouais, les Lénapes et d’autres. Plusieurs ont été envoyés en Oklahoma.

En 1848, les États-Unis envahirent et prirent le contrôle du nord du Mexique, incluant la Californie, le Nevada, le Nouveau-Mexique, l’Arizone, le Texas, le Colorado et l’Utah. La même année, de l’or fût découvert en Californie, déclenchant une invasion de colons qui décimèrent les peuples autochtones dans la région.

Dans les années 1860, quand la Guerre de Sécession faisait rage, les nations autochtones dans les plaines et dans le sud-ouest continuaient de résister leur colonisation. La résistance apache, menée par K’uu-ch’ish (Cochise en Apache) et Dasoda-hae (Mangas Coloradas), commença pendant cette période et ne finirait qu’à la capture de Goyaaé (Geronimo en Chiricahua) en 1886.

En 1863, les Shoshones commencèrent à attaquer les colons envahisseurs et les forces militaires en Utah et en Idaho. De même que les Dénés au Nouveau-Mexique et en Arizone, ceux-ci commencèrent des attaques contre les colonisateurs. Pendant ce temps, les États-Unis, la Grande-Bretagne et les colonies russes étaient actifs sur la côte nord-ouest. En Colombie-Britannique, les Britanniques et leurs canonnières bombardaient les villages, détruisant les maisons, les canoës et les réserves de nourriture.

Sur les plaines, les Lakotas, les Cheyennes et les Arapahos organisèrent des guérillas contre les troupes étatsuniennes et les colons. Entre les années 1860 et 1870, la cavalerie étatsunienne fit face à de nombreuses défaites (incluant la défaite de Custer en 1876) et perdit plusieurs forts. En 1885, par contre, le dernier troupeau de bisons fût abattu par les colons, privant ainsi les nations des plaines de leur plus importante source de nourriture, d’abris, de vêtements, etc.

La même année, les Métis et les Cris du sud du Manitoba se rebellèrent contre les autorités Canadiennes-Britanniques (rebellions menées par Louis Riel et Pitikwahanapiwiyin [Poundmaker]). Les Britanniques avaient réussi à imposer leur contrôle sur les nations des Grandes Plaines au Canada avec la destruction des troupeaux de Bisons, les forçant à signer des traités et à vivre dans des réserves.

Au même moment que ces campagnes militaires prenaient place, les maladies continuaient d’avoir un impact dévastateur sur les peuples autochtones. À ce moment, l’intention était d’user de guerre biologique pour détruire la résistance autochtone.

            En 1890, les peuples autochtones au Canada et aux États-Unis étaient militairement vaincus. Cette année-là, environ 300 hommes, femmes et enfant furent massacrés par la cavalerie étatsunienne à Wounded Knee, au Dakota du Sud. À ce moment, l’assimilation systématique des populations s’amorça avec les peuples autochtones survivants, délocalisés dans des réserves et des générations d’enfant forcées dans des écoles résidentielles, endroit où ils furent endoctrinés avec la culture européenne et l’idéologie, la langue, la religion, etc. Plusieurs souffrirent de sévices, mentaux et sexuels, avec des dizaines de milliers qui mourront de maladies, comme la tuberculose et la grippe.

histoire6

La troisième partie du texte est disponible ici.

[2] Traduction et interprétation libre de l’anglais.

[3] Traduction et interprétation libre de l’anglais.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s